A) Les matières premières 2

2.   Différentes techniques d’extractions de matières premières

La distillation:

Elle consiste à extraire le parfum par vapeur d'eau dans un alambic. L'alambic est une cuve en acier surmontée d'un tuyau en serpentin dans laquelle on place les végétaux et 5 à 10 fois leur volume d'eau. La cuve est chauffée et mise sous pression, pour que la vapeur entraîne l'odeur du produit. En traversant le serpentin et en refroidissant, la vapeur se condense et l'on obtient de l'huile essentielle.

 

L'extraction :
Une autre méthode consiste à faire infuser les matières végétales dans un mélange de solvant et d'eau, à 60°C environ. Cette méthode était autrefois pratiquée avec de l'huile. Aujourd'hui, on utilise des solvants volatils, comme l'éthanol, le méthanol, le benzène ou le dioxyde de carbone. Après évaporation, on obtient une sorte de cire, la "concrète". En la mélangeant à de l'alcool, chauffée puis refroidie, la partie huileuse de la concrète est éliminée pour obtenir de "l'absolue".

Chaque solvant est sélectif pour un type de plante. Le CO2 est utilisé pour extraire les substances peu odorantes, par exemple les écorces, les graines ou les épices. Sous pression et à une température inférieure à 40°C, le CO2 devient liquide : on y plonge alors les végétaux, qui n'ont ainsi pas besoin d'être chauffés inutilement. Une fois évaporé, il ne reste aucune trace de solvant.

Les huiles essentielles constituent pour la plupart les notes de tête, tandis que l'absolue est utilisée en note de fond car les odeurs des huiles essentielles sont moins fortes que celles de l’absolue qui est plus concentrée ; c’est pour cela qu’elles seront plus utilisées pour créer la note de tête.

 

 

L´enfleurage à froid:

 

Les graisses absorbent les odeurs. Autrefois, les graisses inodores étaient étalées sur des plats en céramique mais depuis le début du XIXe siècle, on déposait la graisse sur les deux faces en verre d'un châssis en bois. La graisse était ensuite rayée avec une fourchette.

Cette technique permettait de traiter des fleurs fragiles (comme le jasmin) qui conservaient leur odeur après la cueillette mais qui ne supportaient pas la chaleur. Après avoir été soigneusement triées, les fleurs étaient piquées délicatement dans la graisse. Celle-ci absorbait l'odeur des fleurs pendant trois mois, jusqu'à saturation.. Tous les jours, on retournait les châssis pour faire tomber les fleurs et on les remplaçait. Par cette méthode, 1 kilo de graisse pouvait absorber le parfum de 3 kilos de fleurs. A la fin de l'enfleurage, on recueillait la graisse avec une cuillère plate, en bois. On faisait fondre alors cette pommade qui était ensuite décantée. La graisse parfumée était alors introduite dans une batteuse avec de l'alcool. Le parfum ainsi agité quittait la graisse et se dissolvait dans l'alcool. On filtrait le mélange pour obtenir de l'absolue. Cette technique a été abandonnée vers 1930 car il fallait une importante main-d'œuvre et un grand nombre de châssis. De plus, la graisse était difficile à manipuler car elle fondait dès qu'il faisait trop chaud.

 

 

L‘enfleurage à chaud :

 

Déjà connu dans l'Antiquité par les Égyptiens, l'enfleurage à chaud ou digestion fut aussi pratiqué en France, à Grasse : on mettait à fondre de la graisse dans de grandes marmites chauffées au bain-marie et on y jetait les fleurs. On remuait le mélange pendant deux heures. Le lendemain, on enlevait les fleurs de la veille avec une passoire plate et on les remplaçait par des fleurs fraîches. On répétait au moins 10 fois l'opération. Lorsque la graisse ne pouvait plus absorber le parfum des fleurs, on filtrait pour séparer la graisse des fleurs. On obtenait une pâte parfumée appelée pommade que l'on traitait par la même technique d'extraction que pour un enfleurage à froid.

On traitait ainsi la violette, la fleur d'oranger et la cassie par exemple.

 

L‘expression à froid :

 

Cette technique d'extraction est utilisée pour obtenir des essences d'agrumes contenues dans les zestes (partie externe, ayant saveur et odeur, légèrement amère, du péricarpe des citrons et autres agrumes.) Autrefois, on frottait le fruit manuellement sur les parois garnies de picots d'une écuelle de bois. L'huile ainsi exprimée était recueillie à l'aide d'une éponge. Elle était ensuite soigneusement filtrée. De nos jours, les fruits sont pressés à froid. Ensuite, par centrifugation, on sépare l'huile essentielle du jus de fruit. C'est technique permet d'extraire à faible coût des essences de bonne qualité. Les agrumes les plus utilisés sont la bergamote, la mandarine, l'orange et le citron.

À Grasse, au milieu du XVIIIe siècle, on fabriquait des boîtes bergamotes dont la senteur délicate leur assura un très vif succès. Elles étaient souvent surmontées d'une statuette creuse en carton, selon la technique des santons provençaux.

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